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GRANDE PARADE DES "SOUFFLACULS"
29 Mars 2008
La fête des Soufflaculs se déroule sur 2 jours.
Le premier jour, on fait « sauter les plon-plon » ; « les Sauteurs de plon-plon » lance en l’air, sur un drap tendu, un mannequin symbolisant un personnage ou un usage décriés.
Le deuxième jour, cette fête carnavalesque présente un défilé de chars, de musiques et bien- entendu une multitude de Soufflaculs qui purifient la ville du diable à l’aide de soufflets ; bien
évidemment, le diable se cache souvent sous les jupes des femmes. Le soir, vous assisterez aux feux d’artifice puis à l’incinération du roi des « Souffls », où nos bonshommes vêtus de blancs en
chemises en bonnets de nuit danseront en farandole et entonneront la chanson : « halte là, halte là, halte là, les Soufflaculs sont là……… » C’est une période où l’on se raille de son voisin et,
ici plus qu’ailleurs, on manifeste contre le pouvoir en place pour se défouler. Aujourd’hui, cet esprit irrévérencieux est toujours présent. Nous vous invitons vivement à participer à cette fête
car celle-ci est synonyme de raillerie, défoulement, et c’est un moment à partager ensemble !

Historique :
A l'époque de Carnaval, à Condat (Le Saint-Claude d'autrefois), une tradition venue de la nuit des temps voulait que le Mercredi des Cendres l'on chassât le "Malin".
Les Soufflaculs
Le "Mercredi des Cendres" donc, les moines de l'abbaye de Condat se rendaient en files à travers la ville. Chacun portait un
soufflet et l'activait vivement en direction de celui qui le précédait. Puis au fil du temps, les laïcs rejoignirent les religieux et la coutume devint la mascarade des "soufflaculs".
Les "soufflaculs" pour imiter le costume monacal sont vêtus d'une longue chemise de nuit blanche, décorée de ruban de
couleur et coiffés d'un bonnet de nuit également blanc. Un simple masque, un loup noir (celui là) assure l'anonymat.
Vite un peu paillard lorsque l'on s’éloigne des religieux, nos nouveaux souffleurs "soufflent de tout leur soufflet" pour déloger le démon qui bien entendu s'est réfugié sous les jupes des
femmes. Ce jour là, tout était permis ou presque, et il était de bon ton de sourire.
Daniel Chambre, dans son ouvrage: "Le Haut Jura oublié" nous raconte une fête des soufflaculs au début du siècle dernier.La Fête des Soufflaculs connaissait une véritable ferveur populaire.
Dès le lundi, les charrettes des réguiseurs parcouraient les rues et aiguisaient, plutôt mal que bien les couteaux, ciseaux et autres outils qui leur étaient
confiés.
Le mardi, c'était le
jour des "sauteurs de plon-plon". Chansonniers avant la date, ils sillonnaient la ville. Dans leur grand drap, ils faisaient sauter en l'air telle personnalité locale ou nationale, telle mesure
impopulaire ou telle injustice qui leur restait sur le cœur. Accompagné de voix de plus en plus éraillées, le mannequin s'envolait.
Le Mercredi
des Cendres était l'apogée de la fête avec l'arrivée des Soufflaculs.
Le cortège partait initialement du Faubourg Marcel et grimpait la Poyat.
Une "caramillée" (beaucoup) de soufflaculs envahissaient la rue soufflant gaillardement sous les jupes des passantes qui "kilaient" (hurlaient) de plaisir.
Le soir, c'était l'incinération du Roi, Place Voltaire, avec la même abondance de chemises blanches; puis la fête se terminait par le Bal de la Grenette où l'on dansait jusqu'à l'aube.
Mais où sont les Soufflaculs d'antan? Aujourd'hui les dates ont été changées, nous sommes loin de la période de
Carnaval, le défilé et son itinéraire ont été changés, de Nice, des grosses têtes sont arrivées. Et s'il y a moins de Soufflaculs aujourd'hui, les spectateurs sont néanmoins fidèles et
nombreux.